Taïwan et Somaliland

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Taïwan a officiellement ouvert lundi une représentation dans la république autoproclamée du Somaliland, un nouveau signe de rapprochement de ces deux Etats souverains de facto, qui ne bénéficient pas d’une large reconnaissance internationale.

      Les drapeaux des deux territoires ont été hissés et les hymnes nationaux entonnés à l’occasion d’une cérémonie à Hergeisa, la capitale du Somaliland.

      « Nous ne doutons pas des bénéfices mutuels que peuvent apporter des liens d’amitiés avec le Somaliland », a déclaré à cette occasion Lou Chen-hwa, qui dirigera la représentation de Taïwan.

      Il a ajouté que les deux territoires prévoyaient une large coopération, de la santé à l’agriculture, en passant par la sécurité.

      L’annonce de l’ouverture de ces représentations avait été faite début juillet. L’inauguration de la représentation du Somaliland à Taipei devrait avoir lieu prochainement.

      Ancien protectorat britannique, le Somaliland avait fusionné quelques jours après son indépendance en 1960 avec l’ex-Somalie italienne, tout juste indépendante elle aussi, pour former la République de Somalie.

      En 1991, à la chute de la dictature de Siad Barre à Mogadiscio, le Somaliland a proclamé de façon unilatérale son indépendance, qu’il n’est pas parvenu à faire reconnaître au niveau international.

      Alors que l’Etat s’effondrait en Somalie, qui a plongé depuis dans le chaos et la violence des milices armées ou des islamistes shebab, le Somaliland, bien qu’extrêmement pauvre, a connu la paix et la stabilité. Il bénéficie aussi d’un emplacement stratégique, sur le golfe d’Aden.

      Taïwan fut à la fin de la guerre civile chinoise en 1949 le refuge des nationalistes du Kuomintang emmenés par Tchang Kaï-chek et vaincus par les communistes et la base de la « République de Chine », qui se voulait la continuité légitime de la première république chinoise proclamée en 1912 à Nankin.

      Les autorités chinoises multiplient les efforts pour isoler diplomatiquement Taïwan, considéré comme une partie intégrante du territoire chinois, pouvant être repris par la force le cas échéant. 

      La Chine a arraché, ces trois dernières années, sept pays alliés à Taïwan qui n’est plus reconnu que par quinze Etats dans le monde.

      « Les autorités du Somaliland ont probablement estimé qu’elles n’avaient pas grand chose à perdre, étant donné qu’elles recevaient peu de Pékin », a souligné Omar Mahmood, un chercheur somalien du centre de réflexion International Crisis Group.

      Les Emirats arabes unis ont récemment investi des centaines de millions de dollars pour développer le port de Berbera, au Somaliland, et l’Egypte a envoyé il y a peu de temps une délégation à Hargeisa pour discuter d’une éventuelle coopération.

      « Le Somaliland est ravi d’être au coeur des rivalités géopolitiques, » a souligné Rashid Abdi, un chercheur spécialiste de la Corne de l’Afrique.

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