L’Office des changes du Maroc a lancé une importante opération de contrôle visant plusieurs dizaines d’importateurs soupçonnés d’avoir mis en place des mécanismes sophistiqués de fraude commerciale et financière dans leurs échanges avec des fournisseurs asiatiques.
Les investigations portent sur des transferts bancaires représentant près de 670 millions de dirhams (environ 62,310 millions d’euros) et concernent notamment des importations en provenance de Chine, de Hong Kong et du Vietnam.
Selon les premiers éléments de l’enquête, certains opérateurs auraient utilisé un système de double paiement :
✔️ une partie réglée officiellement par les circuits bancaires autorisés ;
✔️ une autre partie versée par l’intermédiaire de courtiers opérant dans les pays d’origine, hors des circuits financiers réglementés.
Ce procédé aurait permis de sous-évaluer la valeur réelle des marchandises importées et ainsi de réduire les droits de douane et la TVA dus au Trésor public.
Les enquêtes concernent principalement des marchandises ayant transité par les ports de Tanger Med et de Casablanca. Les autorités soupçonnent également l’existence de réseaux spécialisés dans le change illégal et le transfert dissimulé de capitaux.
Au-delà de la sous-facturation, les enquêteurs examinent d’autres mécanismes potentiels de fuite de capitaux, notamment l’utilisation de litiges commerciaux fictifs et de faux documents destinés à justifier des transferts de fonds vers l’étranger.
Cette affaire illustre l’importance de la coopération entre les administrations douanières, financières et bancaires dans la lutte contre la fraude commerciale, la sous-facturation et les flux financiers illicites.
AIDF – Association Internationale des Douaniers Francophones
