Au cœur du petit village de Grévilly, en Saône-et-Loire, subsiste aujourd’hui un témoignage discret mais précieux de l’histoire maritime française : le cénotaphe du capitaine Henry Coulon.
L’inscription gravée sur le monument rappelle le destin tragique de cet homme de mer :
« À la mémoire de Henry Coulon, capitaine au long cours, commandant de l’Espadon, disparu en mer le 29 juillet 1929. »
Capitaine de la Marine marchande française, Henry Coulon était reconnu pour ses qualités de marin et de commandement. Son nom demeure particulièrement attaché à l’histoire de la flottille des Douanes et Régies d’Indochine, service maritime chargé de la surveillance des côtes, de la lutte contre la contrebande et de la protection des intérêts économiques de l’administration douanière française en Extrême-Orient.
L’importance de son souvenir fut telle que l’un des patrouilleurs de cette flottille reçut le nom de « Coulon », perpétuant ainsi la mémoire de cet officier disparu en service. Au sein de cette flottille devenue légendaire, le capitaine Coulon reste l’une des figures les plus marquantes et les plus connues des marins douaniers d’Indochine.
La flottille des Douanes et Régies joua un rôle essentiel dans la surveillance maritime de l’Indochine française. Ses bâtiments assuraient le contrôle des côtes, des estuaires et des voies fluviales, participant à la lutte contre les trafics illicites et à la perception des droits et taxes. Au fil des événements historiques, plusieurs de ses unités furent intégrées à la Marine nationale et certaines participèrent aux combats de la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les rangs de la France Libre.
Aujourd’hui, le cénotaphe de Henry Coulon apparaît fortement dégradé par le temps. L’érosion de la pierre, la prolifération des mousses et l’altération progressive des inscriptions menacent la lisibilité de ce témoignage historique.

La sauvegarde de ce monument constituerait non seulement un hommage à un marin disparu en mer, mais également un acte de mémoire envers l’ensemble des marins des Douanes et Régies d’Indochine qui ont servi la France sur les côtes et les fleuves d’Extrême-Orient.
La restauration de ce cénotaphe pourrait ainsi réunir autour d’un même projet les administrations douanières, les associations mémorielles, les anciens marins, les passionnés du patrimoine maritime ainsi que les acteurs du monde maritime français.
Préserver le souvenir du capitaine Henry Coulon, c’est également préserver une page méconnue mais remarquable de l’histoire maritime et douanière française.
Luc Doumont
Président de l’Association Internationale des Douaniers Francophones
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