Des mains momifiées vendues sur Internet : quand l’étrange commerce en ligne devient aussi une affaire douanière

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Une main humaine momifiée achetée sur Internet et reçue par colis postal : l’histoire pourrait sembler invraisemblable. Pourtant, un article publié le 16 août 2026 par Science & Vie met en lumière un commerce international bien réel de restes humains momifiés.

Une étude scientifique récente, menée sous la direction de chercheurs de l’Université du Staffordshire et publiée dans l’International Journal of Cultural Property, a analysé 128 annonces et publications en ligne, diffusées entre 2015 et 2025 sur des réseaux sociaux, plateformes commerciales, boutiques spécialisées et sites de ventes aux enchères.

Parmi les objets proposés figurent notamment des mains, des pieds, des crânes et des têtes humaines momifiées. Plus de la moitié de l’échantillon étudié concernait des têtes ou des crânes, tandis que les parties corporelles isolées figuraient parmi les objets les plus fréquemment proposés.

La Douane directement concernée.
Au-delà de l’aspect spectaculaire de ces ventes, cette étude soulève une véritable problématique douanière.

Les chercheurs ont relevé des cas de non-respect des réglementations postales, certains restes humains étant expédiés à l’international dans des colis ordinaires. Des déclarations douanières inadaptées ou imprécises peuvent également masquer la véritable nature des marchandises transportées.

Ces pratiques peuvent exposer les agents des douanes, personnels postaux, transporteurs et manutentionnaires à des objets dont ils ignorent totalement la nature au moment du contrôle.

Un risque sanitaire parfois invisible. Les chercheurs ont également identifié des signes possibles de biodétérioration et de développement fongique sur certains restes momifiés.

Même lorsqu’aucune contamination n’est visible à l’œil nu, des micro-organismes peuvent être présents. Les procédés anciens de conservation peuvent également avoir utilisé certaines substances toxiques, notamment des métaux lourds. Le risque concerne donc non seulement l’acheteur, mais potentiellement toutes les personnes amenées à manipuler ou ouvrir le colis au cours de son acheminement.

Une question de patrimoine et de trafic international.
Ce commerce pose également la question de la provenance des restes humains.
Certaines annonces attribuent leurs objets à l’Égypte ou à l’Amérique du Sud, mais les informations permettant d’établir leur origine, les circonstances de leur découverte ou leur parcours sont souvent insuffisantes.

Derrière une simple annonce publiée sur Internet peuvent donc apparaître plusieurs problématiques : trafic de biens archéologiques, exportation illicite, atteinte au patrimoine culturel, fausse déclaration douanière ou contournement des règles applicables au transport international.

Un nouveau défi pour les contrôles douaniers.
Cette étude démontre une nouvelle fois combien le développement du commerce électronique et des envois postaux internationaux diversifie les marchandises susceptibles de franchir les frontières. 
Stupéfiants, contrefaçons, espèces protégées, œuvres d’art… mais désormais également restes humains et objets archéologiques peuvent emprunter les circuits du commerce en ligne.

Pour les administrations douanières, l’enjeu est donc double : identifier des marchandises parfois volontairement mal déclarées et protéger les agents chargés de leur contrôle.

AIDF – Association Internationale des Douaniers Francophones
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